32èmeAnnée académique 2019-2020

Colloque international

du 4 mai 2019


C.I.E.R.L. 17 av. F.Roosevelt - 1050 Ixelles
(Centre Interdisciplinaire d'Etudes des Religions et de la Laicité)


LE CENTRE D’ÉTUDES SUR LA PSYCHANALYSE DE L’UNIVERSITÉ LIBRE DE BRUXELLES

a le plaisir de vous inviter le 15 novembre 2019

à sa journée d'étude qui se tiendra au C.I.E.R.L. de 09h00 à 17h00

Responsable : Christian FIERENS

Critique(s) du réalisme

Un prérequis pour la psychanalyse


     Nous ne disposons jamais d’une réalité qui soit indépendante de ce que nous imaginons, de ce que nous savons, de ce que nous croyons et de ce que nous refoulons. Pourtant tout le monde y croit : il devrait y avoir, en fin de compte ou au début de toute l’histoire, une réalité fondatrice première ou ultime, une réalité absolue. Cette foi en un réalisme premier a pour premier effet de dispenser de penser, mais elle permet aussi, sur cette base première et illusoire, de trouver suffisamment d’assurance pour oser, faire, agir ou peut-être même la remettre en question.


     À partir d’un tel réalisme, nous pouvons faire « comme si » : comme si la personne que nous traitons correspondait parfaitement à un diagnostic bien connu, comme si ce que nous avons constitué en objet à cette fin était là, disponible et immuable, avant même que nous nous en approchions. Mais c’est là court-circuiter la complexité première de notre expérience de la personne et de l’objet en général.


     Dès sa naissance, la psychanalyse a pris ses distances par rapport à ce réalisme de fond, illusoire et en même temps impossible à éliminer. Freud a pu croire au réalisme absolu de traumas qui expliqueraient toute la psychopathologie (ce qu’il appelait ses « neurotica »). Il s’en est vite détaché pour donner toute sa place au questionnement du rêve, des formations de l’inconscient et du psychisme en général. La « réalité psychique » joue ainsi comme un oxymore qui nous oblige à revenir toujours à nouveau à la fois sur le « réalisme » qui nous colle à la peau et sur le « psychique » qui inlassablement est là pour remettre en question ce réalisme.


     Aujourd’hui, la science dans sa marche triomphale et spectaculaire nous fait croire qu’elle peut expliquer l’homme à lui-même et le rendre aussi efficace et performant qu’une machine et que les choses sont telles qu’elles apparaissent au regard scientifique. Pourtant, Kant déjà nous avait mis en garde, réfutant l’illusion que l’on puisse réifier, quantifier ou « physicaliser » un jour la dimension spirituelle de l’être humain. Peine perdue : aujourd’hui, l’on s’appuie subrepticement sur la science – en fait, sur du scientisme – pour justifier un tel réalisme absolu prometteur de beaux jours. Il faut aborder sérieusement la science pour découvrir qu’elle n’est nullement fondée sur le réalisme de son objet, mais bien plutôt sur une idéalité́ productrice de pensée, qui ne peut avancer qu’en se remettant constamment en question, pour construire sainement son objet.

        

     Telle est la condition sine qua non de toute psychanalyse et de toute activité de la pensée en tant qu’elle produit du sens.


Christian FIERENS

INTERVENANTS ET THÉMATIQUES ABORDÉES


PROGRAMME DU COLLOQUE


Baudouin DECHARNEUX - Christian FIERENS  - Jean-Louis LEGRAND -

Bruno MARCHAL - Pascal NOTTET - Frank PIEROBON - Gertrudis VAN de VIJVER

09:00

ACCUEIL


Patrick Hannot, Président de séance. 

Professeur de philosophie, Psychologue et Psychanalyste.


09:30

La critique du réalisme et au-delà.


Frank Pierobon, Docteur en philosophie, Professeur à l'Institut des

hautes études des communications sociales (IHECS).

10:00


DISCUSSION

10:15

Réalisme arithmétique et réalisme physique :

un mariage impossible ?


Bruno Marchal, Docteur en sciences physiques,Professeur à l’école

polytechnique de Bruxelles, ULB.

10:45


DISCUSSION

11:00 PAUSE

11:30

Une lecture de la figure du Narcisse mythologique

ou de l’impossible construction du réel.


Baudouin DECHARNEUX, Maître de recherches du FRS-FNRS - Professeur ULB, Membre de l'Académie Royale de Belgique - Membre Associé de l’Académie d'Athènes, ULB - Faculté de Philosophie et Sciences sociales, Département de Philosophie, éthique et sciences des religions.

12:00


DISCUSSION

12:15

Sujet et moi, critique et clinique.

 

Pascal Nottet, Docteur en philosophie et lettres - Membre du Questionnement psychanalytique.

12:45


DISCUSSION

13:00 PAUSE - Lunch sur place.

14:00

L’image comme fondement de la  subjectivité.


Jean-Louis Legrand, Psychiatre, Psychanalyste, Président de l’Institut International de Psychanalyse Charles Baudouin (Genève).

12:15


DISCUSSION

14:45

Du signifiant ancré dans le corps: une légalité de

la contingence en tant que telle.


Gertrudis Van de Vijver, Professeur à l’Université de Gand, Centre for the History of philosophy and Continental Philosophy (HICO), psychanalyste, membre du Gezelschap voor Psychoanalyse en Psychotherapie.

15:15


DISCUSSION

15:30

Réalité du symptôme (Freud) et Réel du sinthome (Lacan)


Christian Fierens, Psychanalyste, Membre du Questionnement psychanalytique et de l’Association Lacanienne Internationale.

16:00


DISCUSSION

16:15


DISCUSSION GENERALE

17:00


Cocktail de clôture


Réservation obligatoire et participation aux frais : 30 €

Participation aux frais pour les étudiants : 10 €

(Le lunch est compris dans le prix d’entrée).


Versement au compte du CEPSYa n° BE48 088-2373428-27

cepsy@ulb.ac.be - www.cepsya.be - gsm. 0498/322228

N° d'entreprise :  446910771


Les derniers statuts coordonnés du CEPSYa ont été publiés

aux annexes du M.B. le 23 décembre 2013.