32èmeAnnée académique 2019-2020

Colloque international

des 14 et 15 mars 2008


Salle Henri Janne, Institut de Sociologie, Université Libre de Bruxelles

44, avenue Jeanne - 1050 Ixelles


LE CENTRE D’ÉTUDES SUR LA PSYCHANALYSE DE L’UNIVERSITÉ LIBRE DE BRUXELLES

a le plaisir de vous inviter les 14 et 15 mars 2009

à ses journées d'étude qui se tiendront à l'Institut de Sociologie

« LACAN ET LE THEOLOGIQUE »

     Dieu est inconnaissable.  L’inconscient est inconnaissable.  Dieu est inconscient.  Tel est le présupposé sur lequel se fonde le discours sur le théologique au sens lacanien.  La métaphysique enseigne que la recherche de l’être suprême, du principe de toute chose, de l’Un dont toute chose et/ou être tire son essence, -l’homme y compris-, bute nécessairement sur un impossible.  Comment se présente cet impossible.  Et comment le représenter ?  La présentation de l’impossible est une question centrale dans le discours théologique aussi bien que dans le discours psychanalytique, notamment celui de Lacan, aussi, est-ce cette convergence dans le questionnement que nous souhaitons interroger ici.


     Située dans le champ du savoir, la présentation de l’impossible implique le supposé savoir.  Si Dieu est défini comme inconnaissable du point de vue du sujet, du point de vue divin, Dieu est supposé savoir (peu importe que ce savoir soit représenté par le dogme ou non).  Le même raisonnement peut-être appliqué à l’inconscient qui est inconnaissable pour le sujet conscient, tandis que l’inconscient lui-même est supposé savoir (peu importe que ce savoir soit représenté par l’institution analytique ou non).  Mais comment savoir effectivement ?  Et que veut dire ce désir de savoir qui n’aboutit pas ?  Nous n’avons que l’expérience de son aporie.  A qui parle-t-on lorsqu’on s’adresse à Dieu ou au supposé savoir ?  Et à qui s’adresse l’inconscient lorsqu’on parle en tel rêve, tel symptôme, tel mot d’esprit, tel lapsus ?  Quel est le statut de cette parole qui échappe au dire ?  Pour Saint Thomas d’Aquin, qui prend ses distances avec Aristote, notre connaissance de Dieu passe nécessairement par l’amour.  C’est l’amour et sa demande, c’est l’espérance et la prière répétée, c’est la foi et l’engagement qui soutiennent l’existence de Dieu et qui justifie la théologie.  Loin d’être réductible à quelque sentiment religieux humain, trop humain, la théologie est l’étude rationnelle de la question de Dieu.  L’amour n’est pas le sentiment amoureux mais, s’explique à l’intérieur de la dynamique du désir impossible ; l’espérance n’est pas le sentiment optimiste mais, une structure d’anticipation fondée sur la temporalité humaine ; la foi n’est pas une vague croyance mais, le chemin de la raison là où notre connaissance défaille.


     Toutes ces questions sont centrales pour la psychanalyse qui ne peut que s’inscrire dans l’histoire millénaire de la théologie.  La psychanalyse peut-elle y apporter un questionnement nouveau ?  Il n’est en tout cas pas possible de se passer purement et simplement de Dieu.  La limitation de notre savoir nous fait tout naturellement poser un Dieu supposé savoir, peu importe que ce Dieu soit vu sous la forme de la Nature, de la Science ou de quelque divinité personnalisée.  Comme foyer unique et inconnaissable, Dieu supposé savoir est le tout Autre.  Lacan n’a cessé durant tout son enseignement de se questionner sur cet Autre.  Et tout d’abord sur cet Autre qui n’existe pas.  La psychanalyse serait-elle athée ?  A lire Freud rapidement, on pourrait le croire.  Mais, n’est pas athée qui veut.  Seuls les théologiens peuvent être athées, disait Lacan.  Si nous prenons ce propos comme une proposition et ne le réduisons pas à une simple boutade, nous ne pourrons découvrir le sens de l’Autre que si nous devenons d’abord théologiens.  Le sens de l’Autre ?  Il se réduit à la question du rien.  C’est dans cette ligne que Lacan inventa « l’objet a ».  « D’un Autre à l’autre ».  De Dieu à rien.  La théologie négative.


     Les deux journées de réflexions transdisciplinaires porterons sur Lacan et le théologique, un des sujets les plus complexes de la pensée contemporaine.

INTERVENANTS ET THÉMATIQUES ABORDÉES


PROGRAMME DU COLLOQUE DU 14 ET 15 MARS 2008


Michel Cazenave (France Culture, Paris)


« Lacan et la Théologie négative »

Christian Fierens (CEPSYa)


« Il ne peut y avoir de vraiment athées que les théologiens »


Valérie Chevassus ( Psychanalyste, Metz)


« Lacan commentateur d’Augustin : du Magistro au De Trinitate »


Claude-Yves Baum (CEPSYa)


« Freud et le Judaïsme, Lacan et le Catholicisme, quelques réflexions »


Jacques Sedat (Psychanalyste, Paris)


« Qu’est-ce qu’une religion vraie ? »


Gérad Haddad (Psychanalyste, Paris)


« Lacan interrogeant le judaïsme »



Pascal Nottet (CEPSYa)


« Signifiant et théologie négative.  Trace et athéologie »

Bernard Baas (Docteur en philosophie, Strasbourg)


« La loi sans Dieu »

Serge Tribolet (Psychiatre, Paris)


« Angèle de Foligno : une mystique franciscaine sous le regard de Lacan »

Roland Sublon (Théologien, Psychanalyste, Strasbourg)


« L’impossible concordisme entre théologie et psychanalysme »


Jacques Le Brun (anc. Direct. D’études à l’Ecole pratique

des hautes études, Paris)


« Lacan et la mystique catholique.  Théologie et/ou expérience »

Willy Szafran (CEPSYa)


« Conclusion du Colloque »

VOTRE  PARTICIPATION




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Les derniers statuts coordonnés du CEPSYa ont été publiés

aux annexes du M.B. le 23 décembre 2013.